La musique d'une vie

Publié le par Mr Twils

 

 

Le point de vue de Mister Twils

Il est des livres que l'on ne remet pas de suite dans sa bibliothèque ... mais que l'on repose délicatement sur sa table de nuit avec l'envie impérieuse de les relire sitôt qu'on les a fini. La musique d'une vie, court récit, dense et profond, ne vous lâche pas ... Il vous hante et vous interroge sur la nature humaine, ses lâchetés, ses faiblesses ... mais aussi les forces de son esprits. Le cadre est rapidement jeté : Une gare, une dictature, une guerre, une romance, une musique ... tous s'enchaînent, se mélangent et se confondent en une architecture terrible et implacable où la survie, la souffrance et l'angoisse portent à bout de bras une lueur, un infime espoir : Toute la musique d'une vie ...

Un pur chef d'oeuvre à emporter sur l'île déserte !!

 

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Une ville, une gare, sur "une planète blanche, inhabitée". Une ville de l'Oural, mais peu importe. Dans le hall de la gare, une masse informe de corps allongés, moulés dans la même patience depuis des jours, des semaines d'attente. Puis un train, sorti du brouillard, qui s'ébranle enfin vers Moscou. Dans le dernier wagon, un pianiste raconte au narrateur la musique de son existence. Exemple parfait, elle aussi, de "l'homo sovieticus", de "sa résignation, son oubli inné du confort, son endurance face à l'absurde". Pour le pianiste s'ajoute à cela la guerre. La guerre qui joue avec les identités des hommes, s'amusent parfois à les intervertir, les salir aussi, les condamner : à la solitude, à l'exil, au silence, la pire des sentences pour un musicien. Mais rien – pas même la guerre – ne parvient à bâillonner tout à fait les musiques qui composent la vie d'Alexeï, celles qui n'ont cessé, sans qu'il le sache, d'avancer à travers sa nuit, de "respirer sa transparence fragile faite d'infinies facettes de glace, de feuilles, de vent". Celles qui le conduisent au-delà du mal, de l'angoisse et du remords.

Publié dans Art-Livre-BD

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