Pascal Boniface : L'après Sharon

Publié le par Mr Twils

 

 L'avis de Mister Twils

 

Je n'ai pas toujours été d'accord avec les avis de Pascal Boniface. Je le trouvait trop partisan, trop peu à l'écoute des problèmes sécuritaire de l'Etat Israël. Et puis Arik Sharon vint au pouvoir et avec lui l'incertitude, les doutes et enfin, une certaine reconnaissance général quand à sa volonté franche d'arriver à la paix avec les pays voisins, à la création d'un état palestinien. Ses editos sont alors devenus plus intéressants, plus crédibles aussi. L'analyse qu'il fait de la situation actuelle, entraînée par la grave crise provoquée par la dégradation de la santé du Premier Ministre Arik Sharon, est sans surprise et colle à quelques détails prés à celle que je désirais vous présenter sur ce présent Blog. Une précision tout de même : Si la visite sur l'esplanade du temple - Esplanade des Mosquées - d'Arik Sharon a bien été l'élément déclencheur de l'Intifada dit d'Al Aqusa, elle n'était certainement qu'un prétexte au déclenchement des hostilités palestiniennes qui ont menées à l'édification malheureuse, mais salutaire, de la barrière de sécurité. Pour le reste, je vous laisse découvrir cette analyse, publiée aujourd'hui sur le portail d'information de Yahoo, et qui résume assez bien les enjeux du moment.

 


Paris (IRIS) - L’accident cérébral dont Ariel Sharon a été victime va l’empêcher de conduire la liste de son parti Kadima pour les élections prévues le 28 mars en Israël, et pour laquelle il était donné largement vainqueur.

 

Avant de disparaître de la scène politique, Sharon avait accompli deux gestes extrêmement importants : le retrait de Gaza qui avait largement contribué à redorer son blason sur le plan international, et la création de Kadima qui devait avoir pour conséquence le laminage politique de son ancien parti le Likoud. Que fera Kadima sans être mené par son créateur ? Si malgré la disparition de Sharon, ce parti gagne les élections, il poursuivra dans la même voie : des concessions aux Palestiniens, mais sans négociations. Il pourrait y avoir un retrait partiel de Cisjordanie mais le maintien de la construction du mur, Jérusalem restant en totalité sous contrôle israélien.

 Les deux autres principaux partis qui vont s’affronter pour les élections israéliennes à venir sont le Parti travailliste (dirigé par Amir Peretz), et le Likoud (sous la conduite de Netanyahu). Si ce dernier gagne, il n’y aura pas de nouvelles « concessions » données aux Palestiniens. Si c’est Amir Peretz, il ira beaucoup plus loin que ne le voulait Sharon. Il devrait accepter par le biais d’une négociation, la création d’un Etat palestinien sur l’ensemble de la Cisjordanie, au prix de quelques rectifications territoriales mutuellement agréées, avec Jérusalem pour capitale - soit une paix véritable. Ces élections sont donc un enjeu stratégique majeur. Mais le système électoral israélien, avec une proportionnelle intégrale, peut donner un résultat mitigé où personne n’est véritablement gagnant. Il y a donc une chance mince mais réelle de voir la paix progresser en cas de victoire travailliste.

Si les désordres gagnaient les territoires palestiniens, ou si le Hamas emportait les élections de janvier, Netanyahu serait évidemment le grand bénéficiaire et augmenterait ses chances d’emporter les élections. Mais si Mahmoud Abbas les gagne et qu’il n’y a pas de détérioration majeure de la situation sécuritaire en Palestine, Peretz sera renforcé. L’avenir des élections israéliennes dépend donc en grande partie de l’avenir de la situation politique palestinienne.

Reste à s’interroger sur l’héritage de Sharon. Il a été l’homme de la guerre du Liban, de la « promenade-provocation » sur l’Esplanade des mosquées qui a lancé la seconde Intifada et de la réoccupation des territoires palestiniens, mais il a été aussi l’homme du retrait de Gaza. Jamais avant lui, en effet, un Premier ministre israélien n’avait procédé à un démantèlement de colonies dans les territoires palestiniens.

A-t-il été l’homme de la paix ? Il a été en tous les cas l’homme du mouvement vers la paix. Mais sans négociations, pas plus avec Mahmoud Abbas qu’avec Arafat. Et le retrait de Gaza est un geste historique, ce n’est pas la paix véritable. On ne saura jamais jusqu’où il aurait été s’il avait gagné les élections de mars. Ce qualificatif d’homme de paix lui fut donné en premier par Bush, c’est exact du point de vue israélien, cela ne l’est pas du point de vue palestinien.

Pascal Boniface

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