Conflit au Liban : Question à Georges Corm, Elias Masboungi et Paul Blanc !!
Forum Israel - Hezbollah : Une expérience intéressante ...
Petite expérience sur les forums du Nouvel Obs. Sur le thème des conflits au Proche-Orient, j'ai posé la même question à trois intervenants : Elias Masboungi du grand quotidien libanais L’Orient-Le Jour, Paul Blanc, ancien ambassadeur de France au Liban (1986-1988) et pour finir Georges Corm, économiste et historien libanais, ancien ministre des Finances du Liban (1998-2000). La réponse de ce dernier est d'ailleurs assez troublante ... et justifie totalement l'opération en cours. Écœurant de la part d'un ancien ministre d'un pays tant de fois meurtrie par la guerre ... et une insulte à l'intelligence !! Bonne lecture à tous !! La question de Mister Twils : Bonjour. Amin Maalouf a donné pour titre à un excellent livre : "Les identités Meurtrières" ... Titre oh combien évocateur encore aujourd’hui dans ce triste Liban qui n’en finit plus de souffrir ... Réponse de Paul Blanc, ancien ambassadeur de France au Liban (1986-1988) Bonjour. Vous posez plusieurs questions qui toutes mettent en cause la capacité d’un gouvernement libanais quel qu’il soit d’exercer son autorité sur l’ensemble du territoire. Le Hezbollah créé au moment de l’invasion israélienne de 1982 présente 2 aspects:
1er grave erreur du Liban au début des années 80 : L’acceptation sur son sol des bases de l’OLP dans un pays déjà en proie à des problèmes identitaires ... Pourquoi, après la débâcle horrible de 1982 n’avoir pas été plus clairvoyant avec la résolution "logique" numéroté 1559 demandant le désarmement des groupes armées ? Un état sans souveraineté totale sur son territoire, est-il encore un état ? Une armée dissidente de l’armée, n’est-ce pas une démission ? Dans le fond, n’était-ce pas totalement prévisible qu’Israël allait, comme à son habitude, riposter durement aux attaques incessantes des fanatiques du Hezbollah sur son sol alors même que tous les territoires (les fermes de Chebba sont un autre problème en rapport avec la Syrie il me semble) avaient été rendu ? N’était-ce pas une "démission" du gouvernement de Lahoud pro-syrien que, avec son armée, forte de plus de 65 à 80.000 hommes, la mise en application de cette résolution n’ai pas été appliqué ? La guerre civil qui aurait pu en découlé aurait-elle été moins dure que la guerre qui fait rage actuellement ? La triste guerre qui fait rage aujourd’hui, et qui implique la Syrie et bien sur l’Iran ... n’est elle pas aussi, dans le fond, un avertissement ultime pour le Liban afin qu’il se coupe des ponts entretenu par le Hezbollah avec les régimes fanatiques Syrien et surtout Iranien ? Qu’en pensez-vous ? Merci !! D.B
l’un celui d’une milice extrémiste qui n’a pas hésité à enlever des otages comme nos compatriotes entre 1984 et 1988 et à perpetrer des attentats meurtriers, y compris le plus spectaculaire, celui du 23/10/83 où périrent d’un côté 53 soldats français et de l’autre 227 Américains.
Le deuxième aspect du Hezbollah,celui qui lui a permis de résister à l’ordre de dissolution impliqué par l’odre de TAEF et confirmé par la résolution 1559.
Cette ambiguité de la situation du Hezbollah lui permet de s’assurer des sympathies dans la population et d’embarrasser le gouvernement dans ses pressions pour une auto dissolution.
Malheureusement l’extrême violence de la réaction d’Israël dans la totalité du territoire libanais rend encore plus difficile l’action du gouvernement pour parvenir à la dissolution de la dernière des milices née de la guerre. Au revoir P.B.
Réponse d'Elias Masboungi,
correspondant à Paris du quotidien libanais L’Orient-Le Jour
Les choses le sont pas, hélas, aussi simples. Dans un pays secoué de toutes parts et "confié " à la Syrie durant des années avec le consentement des grandes puissances (y compris la France...) le gouvernement mis en place ne représentait pas la logique populaire qui était en fait celle que vous évoquez si clairement aujourd’hui. D’où le résultat catastrophique actuel.

Réponse de Georges Corm, économiste et historien libanais,
ancien ministre des Finances
Je crois que c’est une vue partiale et partielle que de faire commencer le problème en 1980. L’occupation des territoires palestiniens et syriens, puis libanais (dès 1978) par Israël est la cause première du conflit, sans parler de l’expulsion subie par les palestiniens en 1948, puis de la colonisation de la Cisjordanie par Israël et des 22 ans d’occupations du sud du Liabn
