Le Chat du Rabbin 4 : Le Paradis Terrestre ...

J'ai enfin lu le Chat du Rabbin Volume 4 ... Un conte philosophique merveilleux ou onirisme et orientalisme se mélangent pour notre plus grand bonheur ; Une lecture délicieuse, un conte d'un charme fou ... vraiment, une belle histoire. Et si le dessin de Joann Sfar a toujours été magnifique, il atteint ici au sublime ... l'égal d'un Moebius des grands jours avec un trait léger, aérien, presque impressionniste par moment ... la relève de la grande BD est là, devant vous, alors n'ayez pas peur, laissez vous tenter !! Mais il y a un mais ... car cette BD aborde un sujet qui fâche ... qui polémique ... et je suis pas sûr d'avoir saisi exactement où l'auteur voulait en venir ... A partir d'ici, si vous ne l'avez pas lu : STOP => Spoiler !! Le Paradis perdu, d'après la BD, c'est le paradis que vivait le Malka des Lions, le rabbin et son chat avant les émeutes indépendantistes et racistes dans l'Algérie encore française ... Soit, on peut imaginer que les cohabitations étaient le plus souvent cordiales ... Mais là où Joann Sfar dérape selon moi, c'est quand il tente, vers la fin, d'élargir le sujet : L'Etat Israël; Il n'en parle pas ouvertement mais le sous-entend clairement en dernière page : Les juifs avaient-ils le droit de se défendre ? De demander leur indépendance ? D'avoir, comme les autres peuples, un Etat ? Joann Sfar semble insinuer que c'était une erreur, que pour rester dans l'âme juive, ou plus précisément, pour rester le digne "peuple du livre", donc "le peuple de l'étude", les juifs n'auraient pas dû apprendre à se battre ... Il déclare, avec justesse, que les armes entraînent la guerre et que la guerre ne résout rien. Les guerres israélo-arabes étaient certes prévisibles ... mais après la Shoah, n'était-ce pas le risque à prendre, malheureusement, pour une véritable indépendance, un véritable refuge ? L'idée que cette guerre soit sans fin, je n'y crois pas. L'idée qu'intellectuellement, il est préférable pour ce peuple de rester en exil à tout jamais, cette idée est peut être défendable dans les livres, mais à l'épreuve des faits, elle ne résiste pas ... Joann a raison de défendre les valeurs morales et universelles du peuple juif. Mais de la à oublier certaines tristes réalités, je ne suis pas d'accord.